Petit, lorsque tu seras grand
 
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Petit, lorsque tu seras grand,
 
On te dira d’aller te battre,
 
Et l’on te montrera du doigt
 
Ceux-là qu’il s’agit d’abattre.
 
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On te dira : c’est l’ennemi.
 
Sus à lui, petit, meurs ou tue,
 
Eventre-moi cet habit gris
 
Contre lequel tu t’évertues ;
 
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Et toi tu marcheras, bardé,
 
Sanglé, parqué, numéroté,
 
Vivant la tragique aventure
 
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Sans comprendre, enfoui dans la nuit,
 
Dans la misère et dans le bruit,
 
Noyé dans la boue et l’ordure,
 
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Jusqu’à ce qu’un morceau de fer
 
Fasse un pauvre tas de sa chair
 
Et la disperse en pourriture.
 

Henensal, instituteur à Roscoff, 1933
BILL ET SES AMIS
 

Malgré leur âge, leur maladie, leur condition,
 
Cette année encore, fièrement ils défileront.
 
Ils en ont fait un jour de juin 44 le serment…
 
On les appelle depuis ce temps les Vétérans.
 

Parfaitement alignés, dignes et recueillis,
 
Ils reverront passer la jeunesse de leur vie,
 
Se rappelleront aussi leurs fidèles amis
 
Qui, en Normandie ou ailleurs, perdirent la vie
 

Jamais ils n’oublieront, on n’oublie pas ces instants…
 
Cette année encore, hélas, certains sont partis…
 
Hommages leur seront rendus, instants émouvants,
 
Le son des cornemuses, les larmes de leurs amis.
 

Bill, Tu n’es plus là, mais Tu sais qu‘ici-bas
 
Nous tous, nous ne t’oublierons pas….
 
Tu es avec nous et nous sommes avec Toi
 
Tu ne joues plus mais nous jouons pour Toi
 


YH
         11 NOVEMBRE
 
Alphonse, Herman et John, Jean, Otto et Andrew
 
Kurt, Bill et Simon, Werner , William et Paul
 
Stewart, René et Markus, Douglas, Henri et Gunther
 
Mike, Guy et Heinrich, Fernand , Joseph et Klaus….
 

Adieu, vous reposez ici en paix désormais….
 
Pour vous l’enfer a pris fin, c’est terminé.
 
Vous ne souffrez plus, vous êtes enfin partis
 
Et la peine sera pour vos proches et vos amis..
 

Qui se souviendra de vous, dans dix ans , dans cent ans.?
 
Quelques uns , seulement …. Ou peut-être personne….
 
Je veux vous crier haut et fort dans ce monde de silence
 
Que sans cesse, tristement, à vous tous je pense.
 

YH
                Pourquoi ? Pour qui ?
 


Sur ces stèles alignées, de ces corps enterrés
 
Coulent les larmes froides d’un brouillard épais.
 
Pourquoi ? Pour qui ? Qu’ont -ils fait ?
 
Ces frères d’armes du passé, endormis à jamais,
 
Depuis longtemps déjà restent là, immobiles …
 
Leurs voix, leurs espoirs et leurs rêves ont disparu
 
Dans ces champs sanglants, sur ces terres stériles,
 
Un jour ils ont perdu, mais leur âme a survécu ….
 

Leur vie a cessé, ils sont désormais sous la pierre,
 
Leurs proches ont tant pleuré et maudit cette guerre,
 
Jamais ils ne les ont revus, gelés par cet hiver sans fin,
 
L’horreur au quotidien, ou la mort du lendemain,
 
Enlisés dans cette boue infâme, fauchés par les balles,
 
L’ami d’infortune à peine connu, et disparu dans ce trou..
 
Toujours présente : la mort, funeste et dernier bal….
 
Condamnés par la folie des princes, des rois et des fous .
 

Pourquoi ? Pour qui ? Comment ne pas pleurer ?
 
Ces enfants de la terre n’ont pas connu la vie,
 
Leur bonheur et leur espoir ont été proscrits….
 
Le désespoir, la douleur et la mort comme destin
 
A vingt ans, c’est leur vie qui a pris fin .
 
Où sont les responsables ? Honte aux bouchers !
 
Ne les oublions pas, ne les oublions jamais !
 
Ils sont toujours là, dans ce brouillard damné
 
Ils vous parlent, ils vous disent : « Plus jamais! »
 

                      Y.H
 
(hommage à nos grands-pères)
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